SURPRENDRE
: Frapper l’esprit en se présentant
sans être attendu ou en étant
autre que ce qu’on attendait (synonymes
: déconcerter, ébahir, étonner,
épater).
A en croire cette définition littérale,
Sébastien Schuller est incontestablement
un artiste surprenant. Déjà,
à l’automne 2002, Weeping Willow,
son premier maxi, l’impose comme une
révélation aussi réjouissante
qu’inattendue. « Weeping Willow
possède ce pedigree musical qui fait
de ce musicien un extra-terrestre tout à
fait attachant. » (Les Inrocks) «
Ce jeune homme vient de signer la plus belle
chanson de l'année. » (Magic)
Mais le meilleur reste à venir.
Weeping Willow n’est, en effet, que
la première étape d’un
parcours placé sous le signe du paradoxe.
Percussionniste de formation classique,
Sébastien Schuller est devenu au
fil des ans un poly instrumentiste aussi
brillant qu’éclectique, composant
et interprétant presque en solitaire
ses œuvres, épaulé par
quelques amis triés sur le volet,
dont Paul Hanford (Brothers In Sound, Sancho).
Trentenaire originaire des Yvelines, Sébastien
Schuller se plait à rehausser avec
bonheur les sonorités acoustiques
et naturelles de petites touches électroniques.
Il travaille souvent à domicile,
sous les combles étroites des toits
parisiens, et pourtant sa musique évoque
irrésistiblement les plus vastes
des étendues pastorales.
Deux ans plus tard, un label plus loin (il
a, entre temps, quitté Capitol pour
signer chez Catalogue), Sébastien
Schuller sort un premier album au titre
tout aussi déconcertant. Happiness.
Au fil des morceaux, entre instrumentaux
climatiques et chansons pop d’une
évidence presque dansante, on peut
se plaire à suivre le fil tortueux
d’émotions contrastées
: la mélancolie domine, certes, mais
toujours teintée d’espoir,
comme dans la vraie vie. Les songes deviennent
parfois réalité mais les fantômes
du souvenir hantent inévitablement
les jours présents. Écoute
après écoute, Happiness ne
cesse de prendre l’auditeur à
contre-pied : la voix joue à cache-cache,
se dissimulant d’abord derrière
les filtres des machines pour mieux se dévoiler
crûment, mise à nu, quelques
instants plus tard. Elle se tait aussi,
parfois, lorsque les atmosphères
suscitées se suffisent à elle-mêmes.
Bref, une seule constante sert de fil directeur
dans cet univers musical aussi riche que
diversifié : l’amour presque
physique pour les sons et les mélodies.
Ou peut-être la constance dans l’exigence
et la quête toujours inachevée
du bonheur.
HAPPINESS : Chance, réussite,
ce qui rend heureux.